Le bulletin


L'APFLA diffuse auprès de ses adhérents un bulletin annuel, qui comprend le compte rendu de l'Assemblée générale, les comptes rendus des réunions avec les jurys, les informations utiles relatives à l'enseignement dans nos classes, l'annonce des publications des adhérents et des comptes rendus de lecture.

Vous trouverez ci-dessous un résumé du dernier bulletin de l'association, ainsi que les éditoriaux des bulletins antérieurs.

Compte rendu de l'assemblée générale du 20 mai 2017

Rapport moral de l'action :

Les bons rapports de l'APFLA-CPL avec les jurys des différents concours sont rappelés.

Les programmes pour la session à venir sont disponibles en suivant les liens :

  • pour Ulm : https://www.ens.fr/une-formation-d-exception/admission-concours/concours-voie-cpge/concours-voie-cpge-lettres/ ; onglet « Projet de programme du concours A/L session 2018 (version du 16 mai 2017)

  • pour Lyon : https://www.ens-lyon.fr/session-2018/ ; onglet « Programme provisoire du concours littéraire d'admission, session 2018 » (le programme de culture antique est indiqué à l'onglet suivant).

L'APFLA-CPL est toujours vigilante sur le contenu de ces programmes et souligne les difficultés auprès des jurys. Cette année, suite à nos remarques, plusieurs corrections ont été apportées aux différents projets de programmes. Nous nous félicitons du dialogue constant avec ces jurys.

Cette année, l'APFLA-CPL a enfin participé aux discussions autour de la redéfinition des études littéraires à l'ENS Lyon, et autour du projet « les humanités dans le texte », lancé par F. Worms, à l'ENS Ulm. Notre association, associée aux réunions préparatoires des projets, vous tiendra informés des principales évolutions ; nous publierons aussi les annonces de colloques, les publications d'ouvrages, les appels à communication qui pourraient intéresser les professeurs de khâgne dans leurs fonctions de préparateurs. Nous tenterons de favoriser le lien avec le monde universitaire et avec la recherche, dans la mesure où nos étudiants sont appelés à rejoindre ces domaines, et où notre travail se trouve aussi nourri des recherches de nos collègues d'universités.

Forte de son ancrage disciplinaire, l'APFLA-CPL participe à des actions coordonnées avec d'autres associations sur les questions plus largement liées à l'enseignement des lettres (classiques et modernes). Avec l'APLAES, la CNARELA, l'AP lettres, ou encore les collectifs SEL et SLL, notre association avait demandé une audience au nouveau Président de la République, afin d'exposer les menaces qui pèsent sur l'enseignement des langues anciennes et les effets négatifs qu'a eus la réforme du collège. Cette audience a eu lieu le 21 juin dernier. Un compte rendu est disponible sur notre site. [LIEN]

Le rapport moral de l'association est voté à l'unanimité.

Le rapport financier de l'association est voté à l'unanimité.

L'assemblée générale se poursuit avec la discussion sur les programmes et épreuves de cette année aux différents concours et sur les programmes prévisionnels pour l'année 2017-2018.

Deux questions viennent enfin clore les débats de cette assemblée générale :

  • un débat autour d'une proposition de réforme, émise par une collègue préparatrice, sur le choix des œuvres pour le tronc commun de français. Après délibération et un vote unanime contre, cette proposition n'est pas soutenue par l'association.

  • un débat autour de l'introduction possible d'un dictionnaire de langue pour les épreuves de langues anciennes à l'ENS Ulm ; cette proposition ayant suscité une discussion, il a été décidé que cette question serait soumise à un sondage pour que la parole de l'association soit argumentée et sa position fixée avant les réunions avec les jurys des ENS.

Election d'un nouveau bureau : tous les membres du bureau sont réélus. Entrée au bureau de trois nouveaux collègues : Chrystelle Barbillon (Paris), Béatrice Nicolas (Saint-Brieuc), Mathieu Meyrignac (Lyon).

Réunion du nouveau bureau :

Véronique Cirefice, qui a assuré la présidence pendant sept ans, ne souhaite pas renouveler sa candidature.

Chrystelle Barbillon est élue présidente

Florence de Caigny est élue vice-présidente

Agathe Sueur est réélue vice-présidente

Anne Moussier est réélue secrétaire

Jean-Baptiste Bilger est élu trésorier

Composition du nouveau bureau :

Présidente : Chrystelle BARBILLON, lycée Henri IV (Paris)

Présidente d'honneur : Emmanuèle BLANC

Vice-présidente : Florence de CAIGNY, lycée Molière (Paris)

Vice-présidente : Agathe SUEUR, lycée Claude Monet (Paris)

Secrétaire : Anne MOUSSIER, lycée Condorcet (Paris)

Trésorier : Jean-Baptiste BILGER, lycée Lakanal (Sceaux)

Véronique CIREFICE, lycée Henri IV (Paris)

Laurence GAUTHIER, lycée Condorcet (Paris)

Delphine HASSAN, lycée Notre-Dame de la Paix (Lille)

Christian LEROY, lycée Henri IV (Paris)

François LAGNAU, lycée Edouard Herriot (Lyon)

Mathieu MEYRIGNAC, lycée du Parc (Lyon)

Béatrice NICOLAS, lycée Ernest Renan (Saint-Brieuc)

Renaud VIARD, Claude Monet (Paris)


Le 16 juillet 2015

Chers collègues,

Vous trouverez dans ce bulletin le compte rendu de notre Assemblée Générale qui dresse le bilan des activités de l'association pour l'année qui vient de s'écouler. A la demande de nombreux collègues, nous vous proposons également un récapitulatif utile des épreuves de langues anciennes dans les différents concours des écoles de management, ainsi que notre habituelle rubrique concernant les publications de nos adhérents, précédée d'une recension d'ouvrage.

Notre Assemblée Générale remonte déjà au 30 mai et certains sujets évoqués alors ont connu depuis des prolongements. Nous connaissons désormais la date de la journée organisée par l'association Antecarts autour de la nouvelle thématique de culture antique, « Le corps » : elle aura lieu, pour Paris, le 26 septembre 2015. En ce qui concerne la réforme du collège, notre association vient d'être reçue, avec les autres associations signataires de la pétition, à la DGESCO le 3 juillet, puis au cabinet de la Ministre le 7 juillet. Les comptes rendus de ces réunions vont seront adressés dans un courriel prochain, mais ce « mot de la Présidente » est l'occasion de revenir sur l'analyse de cette réforme et sur les raisons qui ont conduit notre association à manifester son opposition.

Si l'APFLA-CPL s'est mobilisée contre la réforme du collège bien que notre association représente les professeurs de classes préparatoires, c'est évidemment parce que les élèves que nous recevons dans nos classes, issus du secondaire, ont d'abord été formés au collège puis au lycée. Or, nous avons pu voir combien la dernière réforme du lycée, qui était censée redynamiser la filière littéraire, a modifié le profil des élèves qui nous arrivent aujourd'hui : nos groupes de latinistes et d'hellénistes dits « confirmés » diminuent d'année en année et nous voyons ce qu'est devenu le « bagage » de nos élèves en littérature française. Nous savons aussi comme il est difficile de susciter des vocations pour les Lettres Classiques chez des élèves qui pour la plupart, désormais, n'ont jamais étudié de langue ancienne (comment peuvent-ils espérer pouvoir en maîtriser deux en deux ans ?) ou qui n'en ont appris qu'une, mais de façon souvent imparfaite. La réforme du collège, elle non plus, ne sera pas sans conséquences, et ses effets se font déjà sentir, indirectement, dans nos classes : dès son annonce, les étudiants ont souvent réagi avec perplexité en se demandant s'il était bien judicieux de s'engager dans la voie des Lettres Classiques s'il devenait quasiment impossible d'enseigner le latin et le grec, et même dans la voie des Lettres Modernes puisque le français, qui n'est pas mieux loti, voit aussi, avec la réforme, son horaire diminuer.

Lorsque nous avons été reçus au cabinet de la Ministre la première fois, le 31 mars, on nous a expliqué que la réforme se justifiait par la volonté de régler deux problèmes : d'une part le fait qu'un nombre considérable d'élèves sortent du collège sans formation véritable et sans maîtrise des disciplines fondamentales, et, d'autre part, qu'il existe une inégalité de fait entre des élèves « privilégiés » qui ont beaucoup d'heures de cours parce qu'ils « cumulent » des enseignements dans le cadre de classes européennes ou d'options latin/grec, et d'autres, « défavorisés » par rapport aux premiers parce qu'ils ont beaucoup moins d'heures de cours. Le but affiché de la réforme est donc de rétablir l'équilibre à l'avantage de ces derniers, afin d'offrir à tous ce qui était jusque-là réservé à quelques-uns. Tout le monde désormais, et non plus seulement quelques privilégiés, pourra faire du latin et du grec.

Il va sans dire que si la réforme permettait une pratique effective des langues anciennes pour tous, notre association n'y trouverait rien à redire, et l'aurait même encouragée, mais les modalités prévues ne sont rien moins qu'un trompe-l'œil. Les différentes instances que nous avons rencontrées - et encore tout dernièrement - nous assurent que les langues anciennes au collège seront partout : d'abord au sein du cours de français dont les programmes doivent être réécrits en ce sens - or, il se trouve que le nombre d'heures de français est en diminution, notamment en 6° ; ensuite, qu'elles seront présentes dans le fameux EPI LCA, c'est-à-dire dans l'un des 8 Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (de durée et d'horaire variable selon l'organisation choisie par chaque collège) parmi lesquels figurera - mais uniquement si l'établissement le souhaite - l'EPI Langues et Cultures de l'Antiquité. Il est d'ailleurs à noter que cet EPI LCA, contrairement à ce que son nom n'indique pas, ne devra pas être le lieu où l'on étudie la langue, mais seulement la civilisation, et cela dans une approche pluridisciplinaire, le problème étant que les langues anciennes n'apparaissant plus dans la grille des disciplines et n'ayant pas à ce titre de dotation horaire dédiée, elles devront « prendre » sur le crédit horaire d'autres disciplines, notamment sur celui du français. Enfin, les langues anciennes pourront être présentes (mais pas partout) sous forme d'enseignements dits de complément, dans lesquels certes on étudiera la langue, mais à raison d'1h en 5° (au lieu de 2 aujourd'hui) et de 2h en 4° et en 3° (au lieu de 3 aujourd'hui). Mais cet enseignement dit de complément ne sera ouvert qu'aux élèves qui auront choisi l'EPI LCA qui n'existera pas partout. Quant à la possibilité d'étudier conjointement le latin et le grec, elle n'est pas même mentionnée par les textes.

Au lieu de langues anciennes véritablement offertes à tous, se dessine en réalité la perspective d'un saupoudrage général et de situations très différentes d'un établissement à l'autre en fonction des choix qu'opéreront les chefs d'établissement, mais aussi de la lecture qu'ils feront des textes réglementaires. Car ces textes peuvent donner lieu à des interprétations variées comme l'ont prouvé nos dernières rencontres à la DGESCO et au cabinet de la Ministre qui se sont eux-mêmes contredits à quatre jours d'intervalle sur deux points fondamentaux ! Concernant les enseignements de complément, la DGESCO nous a affirmé que les horaires indiqués dans la circulaire (1h en 5°, 2h en 4°, 3h en 3°) devaient être entendus comme un maximum, autrement dit pouvaient être inférieurs, alors qu'au cabinet on nous a assuré qu'il s'agissait là de l'horaire à appliquer obligatoirement. Même cacophonie concernant la durée de ces enseignements, susceptibles d'être commencés ou abandonnés à tout moment du cycle (!) selon la DGESCO, à suivre obligatoirement sur toute la durée du cycle selon le cabinet. Contradiction complète qui montre les multiples possibilités de lecture de la circulaire d'application et qui laisse imaginer la lecture opportune qu'en feront les chefs d'établissement en fonction de leurs projets ! Nous avons eu beau demander que la circulaire soit modifiée pour être clarifiée, nous avons obtenu pour seule réponse que c'étaient, bien évidemment, les déclarations de la Ministre qui comptaient...

Sur la question du CAPES de Lettres également, alors même que des collègues correcteurs avaient été avertis de modifications à venir dont on venait de leur faire part (un choix d'options plus large offert à l'oral aux optionnaires de Lettres Classiques, mais une modification de coefficients qui ferait peser plus lourd le latin chez les optionnaires de Lettres Modernes que chez ceux de Lettres Classiques !), le cabinet nous a dit ne pas être au courant et nous a engagés à prendre rendez-vous à la rentrée avec la DGRH (Division Générale des Ressources Humaines) d'où vient manifestement la décision.

On touche là aux raisons qui expliquent la fragilisation, au fil des réformes, des langues anciennes - disciplines sans statut, précaires, souvent variables d'ajustement dans les établissements - et le sort très aléatoire qui leur est réservé : textes flous, absence de coordination des différentes instances, et cela faute d'une réflexion véritable sur leur statut et leur place dans notre système éducatif, et de projet global cohérent. Et pendant ce temps, les préjugés perdurent, que la réforme du collège a fait ressortir : les langues anciennes ne sont pas assez « sexy » (a-t-on entendu au cabinet), pas très utiles, coûteuses, élitistes...

Pourtant, quelle belle occasion le ministère s'était lui-même donnée, dans les circonstances pathétiques des attentats de janvier, pour réfléchir au rôle de nos disciplines ! On avait vu fleurir sur son site « Onze mesures pour une grande mobilisation de l'École pour les valeurs de la République » (https://www.education.gouv.fr/cid85644/onze-mesures-pour-un-grande-mobilisation-de-l-ecole-pour-les-valeurs-de-la-republique.html). Il s'agissait de transmettre « les valeurs républicaines et humanistes » et d' « engager un chantier prioritaire pour le français », de lutter contre le décrochage scolaire et venir en aide à des jeunes gens fragilisés parce qu'ils ne possèdent ni les mots ni les moyens d'analyse suffisants pour affronter une situation ou un texte complexes. Il était question aussi d'aider les professeurs à « aborder avec les élèves les questions relatives à la citoyenneté (française et européenne), à la laïcité, à la lutte contre les préjugés ». Or, y a-t-il moyen plus efficace pour aborder ces questions que l'étude des grands textes de la littérature ou la culture antique qui permet de porter un regard plus averti, plus éclairé, sur notre monde contemporain, comme nous le vérifions régulièrement dans nos classes en étudiant des thématiques aussi fertiles pour l'esprit que la parole, le pouvoir, les dieux et les hommes, l'espace ou la famille ? Les langues anciennes et le français avaient toute leur place dans ce projet ambitieux qui accouche finalement d'une réforme où l'on saupoudre les langues anciennes et diminue les horaires de français !

À nos interlocuteurs de juillet, nous avons demandé une nouvelle fois qu'ils songent à nous associer, à titre consultatif, non seulement à l'élaboration des réformes futures (car une réforme du lycée viendra après celle du collège, même si on nous dit que ce n'est pas pour maintenant) mais surtout à une réflexion véritable - à engager de façon urgente - sur la place que doivent occuper les langues anciennes et le français à chaque étape du cursus, du collège à l'université. Si le ministère considère que les langues anciennes sont aussi importantes qu'il le prétend pour la formation des individus et qu'il faut des professeurs de Lettres Classiques pour les enseigner, il doit aussi trouver le moyen de promouvoir ces études et d'alimenter le fameux vivier dont on nous dit depuis des années qu'il se tarit, argument précisément utilisé pour justifier toutes les coupes dans les horaires de langues anciennes. Et, avant tout, il est indispensable de réfléchir à l'orientation que l'on entend donner aux études littéraires en France pour rénover - cette fois, de manière efficace - une filière littéraire moribonde au lycée et bien mal en point à l'université. La littérature française, latine et grecque devront y figurer en bonne place, à côté de l'histoire, des langues et de la philosophie, mais il faudrait aussi ouvrir d'autres champs, artistiques, linguistiques, anthropologiques, voire juridiques - la réflexion est encore à mener - qui feront de la voie littéraire une filière forte aux débouchés clairement identifiés. L'avenir des classes préparatoires littéraires, pour une part, en dépend. Pour que nos disciplines perdurent, il faut qu'elles soient revivifiées « en amont et en aval », au lycée et à l'université, pour éviter que les classes préparatoires deviennent bientôt le seul endroit où l'on pratique encore les langues anciennes et où l'on étudie la littérature. Car ce qui nous particularise, paradoxalement, nous fragilise : on l'a bien vu cette année avec le projet de suppression de l'option langues anciennes au concours BL de l'ENS de Lyon dont notre association a heureusement obtenu l'abandon, mais sans obtenir une hausse du coefficient de l'épreuve de français, qui devient ainsi l'une des épreuves affectées du coefficient le plus faible dans ce concours.

À notre demande de participation à une réflexion de fond, nos interlocuteurs ont répondu qu'ils avaient « bien noté » : nous ne manquerons pas, évidemment, de leur réitérer notre proposition à chaque nouvelle rencontre en espérant que nous serons un jour entendus.

Ce « mot de la présidente » a largement dépassé ses proportions habituelles, mais la mobilisation contre la réforme du collège qui nous a occupés pendant de longs mois n'avait guère laissé de temps pour une analyse un peu détaillée des positions de l'association. Elle était nécessaire aussi pour les nouveaux adhérents, arrivés nombreux cette année, que nous nous réjouissons d'accueillir en espérant qu'ils nous amèneront à leur tour d'autres adhérents, pour que notre association soit encore plus représentative et, partant, plus forte.

Je vous souhaite à tous d'excellentes vacances.

Véronique Cirefice